Haut Verdon J-1 - Cette fois-ci, ce sera le Haut Verdon. Mais avant ça, petite étape à Pont-à-Mousson avec resto dans son joli centre-ville.
Haut Verdon J0 - Visite de Colmars les Alpes, charmant village féodal complètement entouré de remparts et classé parmi les plus beaux villages de France. Petite mise en jambes jusqu'au beau château parfaitement conservé
Haut Verdon J1 - 650 m de dénivelé + et 1300 m de dénivelé - en mode ultra léger. Réveillé à 7h du matin par des habitants du coin qui viennent faire la papote sous la fenêtre de ma chambre. Ça tombe bien cela coïncide avec les cloches... du clocher de l'église, bien sûr ! Ça coïncide aussi avec l'heure de mon réveil, donc c'est tout bon. Pour limiter le dénivelé à 650 m + de randonnée, nous prenons le télésiège.. et là je saute du télésiège au moment où il démarre, aussitôt suivi par mes deux compères. Grosse frayeur du préposé au télésiège. Faut dire que pour les distractions à la c..., vous pouvez compter sur bibi qui avait oublié ses bâtons dans la voiture.
Et un itinérant de 6 jours sans bâtons... c'est pas cool...Passé la grosse frayeur, le préposé le prend avec humour et nous embarquons sous les applaudissements... non, là j'exagère... Je retrouve les paysages de montagne que j'aime tant et fais la course avec les nombreux papillons de toutes les couleurs... qui gagnent à tous les coups. Les 2 grands papillons
qui m'accompagnent depuis le début du séjour me suivent à distance respectable et... respectée
Nous montons à plus de 2.400 m et bénéficions de beaux paysages à 360°. La longue descente est très belle aussi, que ce soit dans les sapins qui embaument... le sapin ou sur les sentiers en balcon. Retour à notre super logement où nous retrouvons nos gros sacs. Demain ce sera autre chose en mode portage intégral, bivouac et blackout car plus de réseau...
Haut Verdon J2 -1300 m de dénivelé +. Étape éprouvante physiquement. Nous montons en effet sous la chaleur avec nos gros sacs prévus pour 5 jours. Nous prenons un itinéraire alternatif par rapport au GŔP du Haut Verdon et ne le regrettons pas : un itinéraire très sauvage et peu fréquenté au cours duquel nous ne voyons quasiment personne. Dans un massif rocheux paraissant initialement infranchissable une superbe vire nous mène vers le lac de l'encombrette. Mais avant l'arrivée au lac de l'encombrette, notre endroit de bivouac, je me demande comment alléger mon sac... Facile: je casse malencontreusement un de mes bâtons. Il n'y aura plus qu'à laisser le brin défectueux au prochain refuge. D'ici là, nous bénéficions d'un magnifique bivouac. Arrivés à 17h30, nous devons cependant attendre 19h00 avant de monter les tentes afin de respecter la législation du Mercantour.
Haut Verdon J3 et J4 - Des cols, des cols et encore des cols... maïs nous restons en altitude ce qui limite le dénivelé + à environ 800 m par jour. Au cours de l'étape 3, nous passons par le col de l'encombrette à plus de 2.500 m avant de descendre sur le magnifique lac d'Allos. Nous y prenons une solide assiette du randonneur dans un gîte très fréquenté et repartons sur de très beaux mini sentiers. Nous passons par le col de la petite Cayolle à plus de 2.600 m pour y rejoindre le refuge du même nom. Impossible en effet de bivouaquer dans ce secteur compte tenu de la législation. Le lendemain, après une descente quasiment pas balisée dans les hautes herbes et dans les bois, nous adaptons notre itinéraire de façon à rester sur le GR pour plus de sécurité. Une longue et belle montée nous mène au col du petit Talon à près de 2.700 m. De là, une descente parfois vertigineuse nous mène aux cabanes du Talon. La descente entre les deux cascades est spectaculaire et... assez technique mais nous passons sans encombres. Arrivés aux cabanes du Talon, via un beau sentier dans la forêt surplombant le torrent, nous hésitons à monter les tentes alors qu'il n'est que 18h00. L'orage gronde en effet au loin. J'effectue un pré montage de ma tente et l'orage étant sur nous la monte rapidos. Quelques minutes plus tard, un orage d'une violence extrême s'abat sur nous avec même un impact à seulement quelques dizaines de mètres de nous. Heureusement, nous bénéficions d'un petit abri et la tente résiste, y compris à la grêle. Une heure plus tard, Claudia et Éric, après hésitation, décident de monter leur tente, l'orage étant passé. Nous avons tout de même eu droit à un 2ème orage à 1h du matin, mais moins violent celui-ci
Haut Verdon : J5 et J6 - Le matin, le soleil éclaire notre bivouac ce qui achève de sécher les tentes. Nous entamons la montée en mode "pluie" compte tenu des prévisions météo... et repassons en mode "été" peu après. Mais la pluie nous surprend au pique nique et ne nous quitte quasiment plus jusqu'au refuge du col d'Allos. Le matin, j'ai en effet réservé un mini dortoir au refuge afin d'éviter un bivouac sous la pluie à un endroit fort exposé. Nous arrivons relativement tôt au refuge, après une étape assez facile malgré la pluie et les hautes herbes trempées. Nous ne regrettons pas ce choix, tant le Personnel est sympa et la nourriture excellente. Le lendemain, comme prévu c'est plein ciel bleu. Ça tombe bien car nous avons un passage technique sur le parcours. Sauf que, je me fais piéger par mon propre GPS qui veut m'amener au début de la trace démarrant au bivouac auquel nous avons renoncé. Eric est le premier à s'en apercevoir, mais il lui faudra bien un quart d'heure pour me convaincre. Shame on me, una verguenza total, la honte absolue !! Plus d'une heure dans la mauvaise direction ! Bon, consolation, nous avons suivi une trace sur une superbe crête... se dit le crétin sur la crête. Par contre, peut-être est ce le destin ? À l'endroit où nous sommes il y a un raccourci vers la Foulx d'Allos, notre destination finale. Nous nous regardons et arrivons simultanément à la même conclusion : on a perdu un temps précieux et déjà grimpé près de 300m de dénivelé. En outre mes 2 amis sont un peu fatigués et plutôt inquiets à l'idée de devoir affronter le passage technique. Claudia et Éric prennent donc le raccourci tandis que je redescends vers le refuge... que je rejoins 2h après l'avoir quitté ! Je passe discretos sur le côté (la honte ne m'a pas encore quitté ) et entame une dure montée qui attaque la pente tout droit. Je prends rapidement de l'altitude et... en perds tout aussi rapidement une partie suite à des up and downs. Mais la vue est superbe, la forme est là et mon rythme régulier. Jusqu'à ce qu'un des seuls randonneurs me toise du haut d'une forte pente en me demandant où je vais. J'anticipe la suite en mentionnant le col de Sestrieres et en précisant que je suis au courant du passage technique. Le randonneur, croyant bien faire (?) tente de me dissuader en affirmant qu'avec un sac aussi chargé que le mien, c'est risqué, la voie n'étant plus sécurisée. Selon lui, c'est comme une via ferrata sans les câbles. Oops... Selon mes informations, il reste tout de même des mains courantes, ce que confirme mon interlocuteur. Je lui demande s'il y a du vent et il me dit que non... sauf des rafales... Super, on va s'amuser
Il me fournit tout de même quelques informations utiles : il faut passer par le poteau noir qui pointe à l'horizon et c'est là que la partie difficile commence et s'étire sur 1 km. Après, c'est bien pire et on entre dans le "super dur". Je poursuis donc la montée avec une grosse appréhension. Les 2 randonneurs en portage léger que je venais de dépasser font demi tour suite aux explications. Pour moi, pas question... Je m'arrête brièvement au poteau noir pour manger un peu avant ce qui semble se dessiner comme une épreuve... ou pas ! Beaucoup de vent à cet endroit, ce qui n'est pas rassurant pour la suite. Après être reparti, je ne vois pas où sont les difficultés décrites : il y a bien un mini sentier de crête avec une zone herbeuse de part et d'autre. Plus loin, le sentier devient plus abrupt sur une étroite barre rocheuse, mais cela reste gérable. Mais après 1 km, cela se corse en effet : il faut descendre de cette étroite barre rocheuse via un passage quasiment à pic. Je m'arrête presque à chaque pas pour identifier le meilleur point de passage. Après être quelque peu descendu, je trouve enfin une main courante. Je la teste et réalise qu'elle est complètement détendue. Il s'agit d'un très fin câble... Le saisir en s'y laissant pendre signifierait une descente verticale d' 1,5 m et probablement un lâcher prise puis chute dans le vide. Incroyable sur un GR ! Les autres mains courantes, elles, sont suffisamment tendues et je descends sans encombre pour continuer sur le mini sentier qui remonte sur une crête rocheuse. Ce sentier tout comme les précédents est spectaculaire mais pas vraiment dangereux si l'on est prudent, surtout que le vent a beaucoup diminué. J'approche déjà du col de Sestrieres. Je suis nettement plus tôt que prévu et super content. Je ne sens plus mon sac qui doit pourtant encore faire près de 17 kg, les sensations sont excellentes et j'accélère encore. J'arrive au col et décide de faire l'aller retour jusqu'à la tête de Sestrieres (2.586 m) que je rejoins en une vingtaine de minutes. J'y retrouve Filip, un OVNI qui m'avait dépassé 2h plus tôt et qui revenait sur ses pas. Nous sympathisons et Filip me donne quelques informations utiles sur la région. Filip qui na pas de portage redescend assez rapidement. Je préfère rester quelques minutes de plus pour contempler les magnifiques paysages. Je redescends ensuite au col de Sestrieres et entame la longue descente le long des sources du Verdon. Deux randonneuses me signalent la présence de bouquetins cachés dans une faille. Je quitte donc le sentier et passe beaucoup de temps à les chercher, mais en vain. Il me reste à continuer la descente. J'ai un énorme pincement de cœur : je repasse pour la première fois depuis 5 jours sous les 1.900 m et cela signifie aussi la fin de notre super trek. Il y a le soulagement de savoir que tout s'est bien passé et que mes amis sont rentrés sains et saufs, mais il y a aussi le fait que je devrai attendre à nouveau longtemps pour randonner dans ces montagnes que j'aime tant. Je rejoins les 2 fous d'Allos à la Foulx d'Allos, tous deux surpris de me voir arriver à 15h30 après un parcours de 800 m de dénivelé + et 1.200 m de dénivelé -. Il me reste à trouver les informations pour trouver la navette gratuite qui doit me ramener à ma voiture restée au Seignus, point de départ de la première étape. Un véritable casse tête confirmé par de nombreuses personnes, mais finalement je parviens à embarquer dans la dernière navette, ouf. Je récupère la voiture et rejoins à nouveau Claudia et Éric qui étaient arrivés 1h avant moi à notre hôtel. Petite consolation : nous avons encore 2 jours à passer dans la région.
Haut Verdon J7 - Aujourd'hui, c'est une journée de détente et les statistiques sont différentes. On ne parle plus de dénivelés, de temps ou de distances. Pour ma part, les statistiques sont les suivantes : une visite sympa du village où nous logeons, une petite promenade le long des sources du Verdon, 3 descentes en luge d'été, 2 descentes en toboggan aquatique, 4 séances de natation dans le super lac aménagé en piscine et autant de séances de farniente, une partie de mini golf et une sortie en Pédalo... Ces activités ont été accomplies tous ensembles, évidemment
Haut Verdon J8 - Aujourd'hui, c'est un défi qui nous attend. Il s'agit de l'ascension d'un sommet de plus de 3.000 m : le mont Pelat, point culminant du secteur qui atteint 3.051 m. J'ai réservé à cet effet le parking du Laus qui se trouve à l'extrémité d'une route fermée sur 4 km. Nous entamons la rando en montant via une piste… soit l'autoroute des promeneurs qui mène au lac d'Allos. Heureusement, après un quart d'heure, nous bifurquons vers la gauche et empruntons un sentier moins fréquenté qui monte en pente douce. Nous sommes en portage léger et cela se sent. Nous montons à un bon rythme. Je prends un peu d'avance et dépasse 3 petits groupes. Claudia et Éric suivent un peu plus loin. Pour ma part, j'entame la partie finale de l'ascension, abrupte et vertigineuse avec le vide parfois à gauche, parfois à droite. Heureusement sur la fin, le marquage est très précis. Le vent souffle en rafales ce qui complique l'ascension mais je finis par arriver au sommet en 2h45, soit avec 15 minutes d'avance sur l'horaire indicatif. La vue à 360° est époustouflante et je reste 40 minutes au sommet. Là, j'apprends que Claudia et Eric décident de stopper l'ascension à 2.900 m d'altitude. Je les rejoins et croise un des 3 groupes que j'avais dépassés. Ils ne sont plus que 2 sur 3 et atteignent le sommet 45 minutes après moi. Jamais revu les deux autres groupes qui ont dû faire demi-tour. Nous continuons la descente facile et nouveau pincement de cœur : cette fois-ci, ce sont bien les derniers moments en haute montagne.